Le 22 mai 2017

L’Europe et la tech company

Le Financial Times ouvre le débat

 

L’ Europe, est-elle capable de lancer des sociétés à succès dans le monde du tech? C’est la question que se pose le Financial Times dans une récente publication…. et qui jette une ombre sur l’avenir « européen ».

Par ailleurs, Ben Robinson, CEO de Temenos, société de logiciels pour banques à Genève, l’a bien dit :  » En Europe les licornes (déjà peu nombreuses) ne suffisent plus. Il faut remonter la chaîne alimentaire, devenir des lions. Ceux qui mangent les licornes. » Un constat amer,soutenu par des chiffres décourageants et présenté à Londres lors de la conférence de presse chez Feed, une agence de marketing digital.

C’est Jonathan Margolis qui rediffuse l’info sur son blog du Financial Times. Son post comment ainsi :  « souvent, même des vérités consolidées depuis longtemps ont le pouvoir de nous bouleverser, si l’on y pense attentivement ». Mais quelle est cette vérité qui a troublé les journalistes ?

L’Europe manque de grandes sociétés du Web

Comment cela? Où sont passées les licornes qui pèsent 1 milliard de dollars? Avons-nous oubliés les suédois de Spotify? Asos britannique? L’Allemagne de Zalando et de Rocket Internet? Selon Robinson, toutes ces sociétés font un excellent boulot, mais elles ne sont pas indispensables. Elles ne sont pas Google, Facebook, Amazon.. des colosses sans lesquelles il devient impossible d’imaginer le Web. « Ce sont ces géants du Net qui créent les technologies qui génère les licornes. Pour cette raison, ils peuvent les manger à tout moment. »

Voilà les lions, les bêtes féroces au sommet de la de la chaîne alimentaire. Ne pas être des lions signifie pour Robinson « ne pas être capable de concurrencer dans cette économie. C’est comme ne pas avoir une industrie automobile dans les années ‘5O ».

Le fond du problème

Au delà des métaphores « zoologiques », le problème de l’Europe est surtout une question de chiffres. La valeurs des trois tech companies américaines les plus importantes est de 1,3 trillions de dollars. En Asie on parle de 583 milliards de dollars, en Afrique cette valeur est de 76 milliards de dollars. En Europe – et on y inclut Yandex, le « Google » russe – on arrive à 20 milliards de dollars.

Selon Robinson, l’Europe a besoin de créer une grande plateforme web globale, comme Google. Et cette plateforme viendra du fintech, en mettant en relation les banques et les entreprises, ou bien elle exploitera la blockchain. La première raison pour laquelle on ne voit pas de « lions » en Europe  c’est le manque de capitaux. Pour Robinson, les entreprises ont du mal à trouver des fonds en Europe. Aux Etat Unis le capital risque est beaucoup plus répandu et il existe une réelle compétition entre les venture capitalists, ce qui crée un écosystème favorable aux entreprises.

Deuxième raison :  la taille du marché interne. L’Europe est vaste, mais pas homogène : des langues, des lois, même des prises électriques différentes! Les Etats Unis peuvent être globaux dans le même territoire. 

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