Le 13 juin 2017

L’art de la guerre digitale

La "netnologue" Caroline Faillet explique comment survivre et dominer à l'ère du numérique
Mediax sociaux et l'art de la guerre digitale

 

Préfacé par Joël de Rosnay, L’art de la guerre digitale. Survivre et dominer à l’ère du numérique est un projet vaste et ambitieux qui parle de  « guerre invisible », de « changement de culture radical »… Un nouveau système qu’il convient de bien connaître (et anticiper!) pour pouvoir réagir rapidement et s’adapter au plus vite, sous peine de disparaître.

Par exemple, en ce qui concerne les médias sociaux, l’auteure Caroline Faillet déclare :

« De mon point de vue, face à l’émergence des chatbots tenus par une intelligence artificielle qui vont assurer les questions les plus basiques de la relation client, la tendance en social média va être de prendre le contrepied par l’incarnation. Chaque interaction avec le public doit être plus que jamais l’occasion de lui offrir une expérience inédite qui apportera du plaisir et favorisera la préférence de marque.

Le défi pour les community managers sera alors de savoir rajouter de l’émotion à l’information ou encore de la singularité au trending topic. Cela change totalement les méthodes de travail puisqu’il faudra tenter de scénariser ces conversations du bonheur et accepter encore un peu de lâcher prise et de découvrir la personnalité du CM. L’incarnation crée les conditions de la « love brand », alors en 2017 en social média, soyez uniques et apportez du bonheur ! »

Se basant sur des études comportementales des internautes, la netnologue montre bien que la pression publicitaire a un impact moindre qu’auparavant, « l’expérience utilisateur » se révélant bien plus efficace. Place, donc, à la créativité, à l’émotionnel. Au naturel.

Les facteurs de domination dans le numérique

Inspirée par la sémantique guerrière, Caroline Faillet décortique les plans de batailles des Sun-Tzu du numérique et affirme que les  « nouveaux barbares qui sont venus disrupter nos économies et qui maîtrisent à merveille les codes du web (…). préfèrent la ruse à la force ».

Ainsi, l’auteure identifie quatre critères appliqués par ces « barbares » de l’innovation  :

la coopération, inspiré de l’empowerment progressif du consommateur, encouragé par la pratique CRM (exemples de Leroy Merlin, Mylittleparis.com,…);

– l’exploitation de la technologie (data driven) ;

défier les modèles établis ;

mettre sur le même plan clients, salariés et actionnaires, grâce aux outils collaboratifs (equity crowfunding)

Et elle ajoute : « le digital a fourni des armes d’autant plus redoutables qu’elles sont accessibles à tous. En trois révolutions numériques, le citoyen-consommateur a progressivement pris le pouvoir au détriment des autorités scientifiques, médiatiques, politiques et économiques. Face à ce déséquilibre de l’ordre établi, la réaction naturelle de nombre d’organisations est de résister. En luttant, ces dernières entrent dans une guerre longue, mondiale, invisible : c’est la guerre digitale. »

Qui veut la paix évite la guerre

A la question « Pourquoi avoir écrit ce livre? », l’experte répond  :  » Je suis, depuis 15 ans, une observatrice neutre de ces jeux de pouvoir, je les décode pour mes clients, je suis une sorte de « netnologue ». En théorie, ces armes sont à la disposition de tous mais en réalité, elles sont bien mieux maîtrisées par une minorité de dogmatiques ou les GAFA.

Comme l’a dit Xavier Delaporte, c’est un pharmakon. C’est-à-dire que c’est à la fois le remède et le poison, une arme pour détruire, un outil pour construire. Mon ambition avec ce livre est que ces techniques soient connues du plus grand nombre pour que le remède soit supérieur au poison, pour un progrès partagé.

 

Caroline Faillet, L’art de la guerre digitale – Survivre et dominer à l’ère du numérique, Dunod, mai 2016, 240 pages.

 

 

 

 

Laisser un commentaire