Le 23 mai 2017

Connaissez-vous le « Cognitive computing »?

Pourquoi les systèmes cognitifs vont transformer le mode opératoire de votre entreprise

Imaginez un monde où tous les problèmes sont résolus sans intervention humaine. Des systèmes complexes qui traitent l’information et transmettent des connaissances. Des phénomènes, tels que la perception, le calcul, le langage (et la conscience !) réunis dans une seule et même science. Une méthode analytique qui passe en revue la linguistique, l’anthropologie, la psychologie, la philosophie et l’intelligence artificielle. En un mot : informatique cognitive, ou cognitive computing. C’est-à-dire, une transposition du fonctionnement de la pensée humaine encadré dans un système informatisé.

En se basant sur une analyse pointue et un raisonnement basé sur les faits, IBM Watson est le précurseur de ces nouveaux systèmes cognitifs. Il peut apprendre suite à des expériences précises, il sait identifier des corrélations entre les faits, il peut construire des hypothèses et avoir sa propre mémoire. Il est capable de faire des bilans et d’en tirer ses propres enseignements.

Déjà utilisés dans plusieurs secteurs d’activité, les systèmes cognitifs révolutionnent notre manière de penser et d’agir.  Associés aux techniques de traitement probabiliste massivement parallèle, ils permettent aux entreprises d’obtenir de meilleurs résultats, ils accélèrent la recherche médicale, ils accompagnent certaines prouesses de l’astronomie, ils définissent de nouveaux business…

L’homme comme la machine ?

La première révolution apportée par le cognitive computing est celle d’avoir changé notre relation à l’informatique. Certains parlent déjà d’une 3ème ère informatique, la première étant marquée par l’introduction des systèmes de tabulation (1900) et la deuxième par l’invention des systèmes programmables (1950).

En paraphrasant, nous sommes passés des nombres aux données, puis des données aux connaissances. Et si hier les machines servaient à bien faire ce que les hommes faisaient mal, aujourd’hui elles savent réfléchir et donner des réponses, les affinant en fonction de leurs interactions avec l’utilisateur, dans un contexte donné.

Comprendre l’user

La deuxième grande révolution de l’informatique cognitive consiste en l’approche user centric. Avant, on se basait sur un marketing de l’attention : l’entreprise qui voulait vendre un produit devait séduire sa cible, s’accaparant d’abord son attention.  Aujourd’hui, on parle plutôt d’un marketing de l’intention : on essaie avant tout de comprendre les besoins et le parcours du client, avant de créer des offres et des produits.

Une machine, peut-elle vraiment comprendre l’homme ? Toute la question est là. En 2011, pour le lancement officiel de la première version de Watson, les équipes IBM inscrivent le « système » au quizz télé Jeopardy. Pour ceux qui ne le savent pas, le principe du jeu consiste à trouver la question correspondant à la réponse donnée en amont par le présentateur. Watson est impitoyable, il bat tous ses concurrents humains.

L’expérience Jeopardy a démontré que ce système cognitif pouvait parfaitement comprendre le langage humain. Watson a réussi à générer des hypothèses, estimer son propre niveau de connaissance et à s’adapter au contexte, tout en interagissant avec l’utilisateur.

Depuis lors, ce système a sensiblement évolué et il a utilisé dans des cas métier concrets. Le plus signifiant est sans doute celui du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center, où Watson travaille en tant qu’assistant d’une équipe d’oncologues. Chaque interaction avec le corps médical, chaque diagnostic, chaque expérience de traitement avec les patients rendent Watson plus savant.

Watson vs cerveau humain

Ceci dit, laissez-nous faire l’avocat du diable. Du point de vue énergétique, il s’avère que Watson est beaucoup moins performant que le cerveau humain. Durant les moments les plus intenses de Jeopardy, les ordinateurs qui « soutenaient » Watson ont consommé 85 kwatt, alors que les concurrents humains n’ont dépensé que 20 watt.

Ainsi, dans une approche plus dynamique, il faudrait voir Watson plutôt comme un « conseiller » qui serait toujours à jour, capable de répondre aux questions qu’on lui soumet. S’il est vrai que l’homme a construit la machine (et que la machine a battu l’homme !), l’alliance homme-machine reste, et restera toujours, la formule la plus puissante, supérieure à n’importe quel homme. Et à n’importe quelle machine.

Quelles sont, donc, les applications professionnelles possibles ? Nous avons déjà vu comment ce système révolutionne la relation client et met à profit des entreprises de nouvelles stratégies marketing. De manière plus générale, l’informatique cognitive sera utilisée dans l’exploitation des données issues du Big Data et contribuera à la démocratisation du Web sémantique :  les SI anticiperaient de cette façon les besoins des consommateurs et proposeraient une expérience 100% user centric.

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